La nuit était douce,
Aucun bruit si ce n’est que le bruissement
Des feuilles du saule qui bordait la rivière.
Personne ne se doutait qu’elle se trouvait là,
Dans l’obscurité protectrice.
Elle avait quitté la table furtivement.
Ils étaient tous attablés,
Se goinfrant de nourriture.
Quelle plaie, ces réunions familiales !
Chacun avec son sourire hypocrite,
Son « heureux de te revoir »
Sur un ton doucereux.
Ils ne remarqueraient même pas son absence,
Occupés qu’ils étaient à se bâffrer et à se saouler.
Elle aimait cette solitude choisie,
Ce calme qui se répandait en elle,
L’oubli des paroles malveillantes,
Les sens en éveil,
L’émerveillement devant le miroitement de l’eau,
La clarté diaphane de la lune,
Le parfum entêtant des fleurs d’acacia.
La nuit était apaisante,
Un baume pour ses blessures secrètes.
Elle se leva, à regret,
Il fallait s’en retourner,
Faire bonne figure,
Vers cette famille où elle ne trouvait pas sa place
Tellement elle se sentait différente
De chacun de ses membres.
Iddril